Mes
Articles militants
Notre
crise s'abat sur
l'Afrique ?
Protégeons-nous ! Denis
Sieffert s'est offert un titre assez similaire au mien dans la dernière
livraison de Politis. Un édito où il feint de s'interroger, une fois de
plus, sur la « frilositude » du NPA, sur la
« nervositude » du PC, sur la « diversitude » de la
Fédération tout en faisant preuve d'une vraie « sollicitude »
pour le PG. A la lecture de ce constat, je me permets de lui suggérer un
titre tellement plus évocateur : « Le
Front de gauche, combien de tranchées ? » Pendant
que les ridicules factions de la gauche radicale française s'affrontent
sur le tarmac avant le décollage de la campagne électorale européenne,
la
Banque mondiale estime que le déficit de financements des pays en voie de
développement sera compris entre 270 et 700 milliards de dollars pour la
seule année 2009. Est-il besoin de rappeler que ces pays sont presque tous
africains ?
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L'Unité,
combien de divisions ?
Il
fut un temps où la gauche intellectuelle française feignait de
s'interroger, non sans causticité, autour d'une formule fameuse qui
opposait Sartre à Aron. Les exégètes du premier n'y allaient pas de
main morte, préférant, à tout prendre, « avoir tort avec
Sartre plutôt que raison avec Aron ». Le débat n'était guère
animé car la gauche intellectuelle française était sartrienne par
nature. Terrassé par cette formule lapidaire, Aron avait-il raison pour
autant ? |
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Parlement
européen,
excès d'impuissance ! Faut-il
s'étonner de voir tant de personnalités illustres exhorter les
états-majors de la gauche radicale à faire l'unité politique en vue des
élections européennes ? Faut-il s'étonner de voir tant de
militants purs et durs prêts à rengainer leurs exigences démocratiques
au nom de l'efficacité électorale ? Non, car les Français,
fussent-ils intellectuels
conscientisés ou citoyens engagés, n'arrivent pas à faire le deuil de
la démocratie. Ils veulent oublier la forfaiture des députés de
l'Assemblée nationale (hormis les communistes) qui ont adopté le Traité
de Lisbonne contre l'avis du peuple français. |
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Les services publics, une
« erreur manifeste » ! Pour paraphraser
André Breton, je dirai : « Il ne faut pas
changer la règle du jeu, il faut changer de jeu ». Les règles de
l'Union européenne sont aujourd'hui semblables à celles d'une dictature
molle dont les contours flous enserrent sans serrer, provoquant l'asphyxie
perpétuelle sans susciter de panique générale. Pourtant, le dépérissement
de la démocratie commence à laisser des marques. Au parlement de
Strasbourg, les eurodéputés les plus énergiques se dessèchent et se
fanent, en quelques mois, sans parvenir à se décrocher de la plante-mère,
la grosse Commission. Cette entité technocratique dotée d'instruments de
combat juridique de tout calibre offre, à vrai dire, de réelles
perspectives de carrière. |
L'« agionamenteur »
des accrédités ! Paradoxalement, c'est pour avoir vécu à crédit que les
riches de la planète et leurs thuriféraires (banquiers, assureurs,
traders) ont perdu tout crédit auprès des peuples. Et c'est bien dans les
deux acceptions du mot « crédit » qu'il faut chercher la cause
de l'enfumage efficace qui permit de dissimuler si longtemps la faillite
de la finance mondiale. Certes, on ne prête qu'aux riches, tant en terme
de crédibilité qu'en terme de créance.
Le Pion de fer! Juste
après la manif du 29 janvier, Nicolas Sarkozy feignait de s'interroger
sur son positionnement face au mouvement social. Le président,
conscient de son impopularité, hésitait encore entre deux
stratégies : le raidissement, façon Thatcher ou la retraite en
rase campagne, façon Chirac-Juppé. Cette fois, il a choisi. Avant de
connaître l'ampleur exacte de la manifestation du 19 mars (trois
millions quand même !), il a annoncé qu'il ne céderait sur
rien, ni sur le bouclier fiscal, ni sur les heures supplémentaires, ni
sur le coup de pouce au SMIC, ni sur les lois Pécresse (mort de
l'université), Bachelot (mort de l'hôpital), Dati (mort de la justice
des mineurs), Darcos (mort de l'école publique)...
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Les
peuples essaient, les théoriciens transforment Contrairement à l'idée communément admise, ce sont rarement
les théoriciens, même bourrés de talent et bourrelés de remords
d'appartenir à la classe dirigeante, qui provoquent, par la brillance de
leurs intuitions, les révolutions à venir. Si l'on s'en tient aux exemples
fameux des bouleversements du passé, on se rend compte que leurs prémices
avaient pris corps dans les comportements populaires. La plupart du temps,
les théoriciens sont à la ramasse, ils courent derrière l'évolution
anarchique des hommes en tentant de cacher leur retard par un langage
abscons et des philosophies emberlificotées. |
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« Sarkozy, tu ne nous vois pas ! » Le G8 syndical (soit toutes les organisations syndicales
françaises) vient encore de se singulariser en organisant une journée
d'action sans manifestations ni grèves. Un trublion de mes amis, outré par
le sort réservé à un professeur de Marseille, interpellé par la police
zélée de Sarkoland, propose, à tout un chacun, de manifester son
mécontentement dans sa propre cave en brandissant un panonceau
éclairant : « Sarkozy, tu ne nous vois pas ! »
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