Occurrence des pronoms personnels
sujets
dans l'histoire de vie de Perceval
L'utilisation moyenne du « je » dans les trois récits de manière relativement équilibrée (entre 54 et 62%) indique une implication moindre du sujet. Au fil des récits, Perceval décrit le comportement d'un double « je » : celui qui agit et celui qui subit. Le premier, toujours policé, conforme, tendant à une certaine perfection et le second, éternelle victime de coups, de mépris et même d'une punition qu'il juge d'essence divine.
Le « on » apparaît en deuxième position, et singulièrement beaucoup plus présent dans le deuxième récit (21% des pronoms sujet). Le premier pronom « on » indéfini représente une immanence dépersonnalisée, toujours dangereuse ou malfaisante (bizutage). Il utilise le « on » délégataire pour désigner son appartenance à un groupe, les saint-cyriens, les catholiques, les mercenaires. Il s'agit d'un « on » tribal bien moins dépersonnalisé qu'il n'y paraît.
Dans le premier récit le « il » désigne presque essentiellement son père avec qui il entretient des rapports houleux entre haine et admiration, mais également son frère avec qui il se bat mais qu'il apprécie d'avoir à ses côtés et le professeur qui lui ouvre d'autres horizons. Le deux premiers protagonistes se retrouvent également dans le troisième récit, toujours dans des situations conflictuelles.
Le pronom « elle » met en scène, essentiellement les femmes de la famille de Perceval (la grand-mère, la mère, la sour, la fille) et, dans le troisième récit, la balle de golf qui a failli provoquer l'irréparable.
Les quelques pronoms « ils » qui apparaissent au fil du récit, concernent des groupes homogènes, faisant l'objet de jugements de valeur négatifs de la part de Perceval : les Africains, les Bosniaques, les enfants de non catholiques, les planqués de l'armée. Dans le troisième récit le pronom « ils » craché par le père est suivi d'une insulte homophobe.
Quatre références dans le récit suffisent à Perceval pour tracer la frontière entre ses filles, qu'il veut pures et fières de l'être et les autres filles, les gueuses.
Trois pronoms « vous », perdus dans le récit, désignent le désarroi de Perceval devant le désamour de ses parents et l'indifférence agressive de son père. Seul le professeur, qui l'apostrophe, lui intime un ordre positif, celui de vivre à travers les livres.
Le cercle familial resserré autour de Perceval est désigné par deux « nous » d'appartenance à une communauté : les catholiques pratiquants.
En s'adressant à son père par une interjection muette, Perceval lui laisse le choix du premier coup avant que ne coule le premier sang. Ce pronom « tu » d'intimité n'enlève rien à la violence du propos.