des pronoms personnels sujets
dans l'histoire de vie de Dune
Le pronom « je » est surreprésenté dans l'histoire de vie de Dune. Légèrement moins présent dans la deuxième histoire, dans lequel les pronoms « elle » et « on » (délégataire) ont des pourcentages un peu plus élevés, le « je » culmine à 70%, voire à 80% dans la troisième histoire. L'utilisation du réfléchi direct montre que Dune parle d'elle, de son monde. C'est la forme du discours infantile ou tout du moins adolescent. Cette attitude infantile semble être avérée par le fait qu'à l'heure d'un nouveau choix, mais qu'elle doit assumer par elle-même, elle hésite et angoisse terriblement (« j'angoisse » et « je n'arrive pas à me prendre en charge seule » et « j'ai toujours rencontré des gens qui m'ont fait faire un petit pas » (le pas est « petit » et il n'est pas effectué tout seul)).
La forme dépersonnalisée du on (23 « on » délégataire, contre 5 « nous ») conforte cette façon de s'exprimer quelque peu adolescente. Le « on » n'est pas impersonnel, (4 « on » impersonnel), Dune est trop impliquée dans son histoire de vie pour utiliser des formes extérieures de discours.
La compagnie féminine (la coiffeuse, Marie, la femme de la jeunesse et des sports, sa mère, la mort de sa grand-mère, Isa, Karine) est fort représentée, notamment dans la deuxième histoire. Elle est signifiée par l'utilisation nettement plus importante de « elle(s) » (25) que de « il(s) » (15).
Le pronom « il », dans le discours de Dune, désigne des personnes parfaitement identifiées (son mari, le directeur du centre de vacances). Il s'agit de valoriser des êtres d'influence positive.
Utilisation quasi inexistante du « tu » ou du « vous » (l'emploi du « tu » n'est préféré qu'à deux reprises pour des constats négatifs (tu seras coiffeuse, tu es seule mais c'est pas grave (sous-entendu cela l'est)). Ces « tu » sont des « je » dissimulés puisqu'ils concernent Dune dans une situation ou un moment de son histoire que celle-ci ressent comme fortement négatifs à son endroit. Par ailleurs, on peut remarquer qu'elle ne s'adresse jamais directement à son interlocutrice (prise de distance face à une représentante du savoir universitaire ; respect ou soumission).