Histoire 2

 

 

 

 

1  Interprétation  de l'expression et de la position de l'être-sujet-au-monde dans la deuxième histoire de Marie-Charlotte


 


J'ai envie de revenir sur mon stage d'aide à domicile. Il a duré trois mois et demi, d'octobre à mi-janvier. C'était la première fois qu'on mettait en place ce genre de formation, ils tâtonnaient. Y'avait des cours magistraux, des cours pratiques sur la cuisine, la couture, la nutrition. Un peu de théorie mais pas beaucoup. L'apport principal de ce stage a été de me redonner confiance en moi. C'est un moment charnière, en fin d'année. Même si ça avait plutôt mal débuté. Les autres stagiaires, c'était des malheureuses, une femme battue par son compagnon. J'avais rien à leur dire. Enfin, je le croyais. Et puis j'ai découvert que certaines, malgré le faible niveau scolaire étaient des femmes intelligentes et même cultivées. J'étais assez renfermée à l'époque, je m'étais coupée du reste du monde. J'avais juste deux amies : Sylvie et Marjorie. Finalement ce stage c'est celui qui m'a redonné l'envie de recevoir des gens, recevoir dans les deux sens, les recevoir à la maison et pouvoir recevoir de l'écoute de l'amitié. Plus le temps passe, plus je réalise le bénéfice de ce temps de formation, un peu entre parenthèses. Après j'ai travaillé dans un camping, ma copine et moi, on étaient sous-payées et pas respectées. Heureusement, Monique (la responsable de l'APP d'A.) m'a appelée. J'ai vite intégré cette formation de préparation au concours d'aide soignante. C'est bien d'être à nouveau avec des gens. Avec certaines femmes, il y a quelque chose qui se passe, c'est immédiat. Cette année, à Noël, j'ai annoncé à ma famille que j'étais bien. Mon mari me soutient à fond, il m'aide en biologie et en français. Franchement, je ne me suis jamais donnée autant, je n'ai jamais autant réfléchi à ce métier. Mon mari a peur que j'échoue et que je sois très déçue. Je veux l'avoir, c'est vrai, ce concours. Je sais enfin ce que je veux faire de moi : aider les personnes âgées ou les mourants en soins palliatifs. Je veux des lieux où on a le temps. A Noël, j'ai encore reçu des livres sur la spiritualité. Depuis un an, c'est ma littérature préférée, des livres pour penser autrement, trouver l'essentiel. Se poser de vraies questions : se disputer pour sa famille, est-ce que ça en vaut la peine ? Quand j'élevais seulement ma fille, je ne pensais qu'à elle. Maintenant, je m'ouvre à tout, j'adore l'histoire, je regarde des émissions sur Arte ou la Cinq. Mes parents m'ont trop dévalorisée, je cherche de l'amour et du respect, et j'en donne. J'ai perdu beaucoup de temps depuis le collège. Une famille, un mari, une maison, ce n'est pas suffisant pour une femme. J'étouffais dans les conflits et les compromissions familiales. Je veux enfin qu'on me parle vrai. En soins palliatifs, quand la mort s'approche, on ne ment plus. Je veux leur donner le temps de faire la paix avec leur famille. Cette année, j'ai reçu mes beaux-parents à Noël, j'ai un peu menti à ma mère pour ne pas avoir à justifier ce choix de ne pas aller déjeuner chez eux. Puis j'ai rétréci le mensonge, l'an prochain, je ne mentirai plus.

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Interprétation  de l'expression et de la position de lêtre-sujet-au-monde dans la deuxième histoire de Marie-Charlotte:


 

Préambule : Dans cette deuxième histoire, le plus court, en fait légèrement plus court que le troisième, Marie-Charlotte exprime surtout de l'influence positive. D'une manière générale cette histoire est inscrite dans la positivité. Seules les notions de certitude et de plaisir, expressions le moins présentes, sont négatives.



Sujet : Marie-Charlotte expose peu ses états d'âme dans cette deuxième histoire. Néanmoins elle exprime une certitude de savoir où elle va et des désirs d'ouverture contrairement à l'isolement dans lequel elle s'enfermait avant son stage d'aide à domicile.



Sujet + Quelqu'un : Rubrique le plus exprimée dans le discours de Marie-Charlotte, elle est fortement positive notamment en ce qui concerne l'influence de ses amies, de la responsable de l'APP ou de son mari. Marie-Charlotte, au milieu des autres stagiaires, leur découvre des capacités insoupçonnées et arrive, ainsi, à les apprécier et à se rapprocher d'elles. Quasiment toutes les autres impressions, négatives, obligations ou incertitudes ou positives, libérations, sont limitées au milieu familial ou parental. Elle y exprime la désagréable impression de dévalorisation, d'enfermement voire d'étouffement au sein de sa famille et, en même temps, une toute nouvelle libération, émancipation.


Sujet + Quelque chose : Rubrique importante dans cette histoire, elle est fortement positive. Marie-Charlotte parle de ses désirs de réussite et de réalisation dans le métier espéré. Elle parle également de l'influence très forte du stage de formation pour son ouverture au monde et aux autres. Sa remarque négative va dans le même sens, elle regrette tout le temps perdu.


Quelqu'un : Marie-Charlotte évoque très peu autrui, si ce n'est pour parler de formateurs tâtonnants et surtout pour exprimer sa compassion sur le malheur de certaines femmes rencontrées lors du stage.


Quelque chose : Peu de choses invoquées dans cette histoire, le stage est encore présent, dans son aspect transmission de nouvelles compétences pour Marie-Charlotte.

Impersonnel : Partie quasiment inexistante en nombre de mots, Marie-Charlotte y parle de début difficile mais prometteur.


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